Les armes toujours utiles léguées par Nelly Arcan

«Elle le disait: “Les écrivains sont habités par des obsessions, j’écris sur ce qui me touche, sur ce qui me déchire, sur ce qui me tue”», rappelle Karine Rosso, qui codirigeait en 2017 l’ouvrage savant Nelly Arcan. Trajectoires fulgurantes (Éditions du remue-ménage).

«Elle dénonçait tout ça de l’intérieur. Mais les féministes sont toujours piégées: si elles font fi de toutes ces injonctions à l’apparence, on va dire: “Ah oui, c’est parce qu’elle est mal baisée.” On le voit avec Safia Nolin présentement. Et si on est une féministe qui performe la féminité, on n’est pas prise au sérieux. On lui a dit, après Tout le monde en parle: “Tu n’aurais pas dû y aller, tu n’aurais pas dû te jeter dans la gueule du loup.” Et ça témoigne de toute la culpabilité qu’on fait porter aux femmes. Les femmes n’ont jamais le corps ni l’habillement qu’il faut, elles ne prennent jamais les bonnes décisions.» […]

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