La crise de la masculinité. Autopsie d’un mythe tenace – avec Francis Dupuis-Déri

Dans un contexte de come-back des discours autour de ladite «crise de la masculinité», portée par des Zemmour, des Soral et même des Pujadas, une émission de déconstruction critique de ce mythe tenace, autour de La crise de la masculinité: autopsie d’un mythe tenace (Éditions du remue-ménage, 2018) – avec l’auteur, Francis Dupuis-Déri, professeur de sciences politiques à l’Université du Québec – Montréal (UQAM), et co-directeur sur ce sujet de plusieurs ouvrages, Le mouvement masculiniste au Québec: l’antiféminisme démasqué (Éditions du remue-ménage, 2015), de Les antiféminismes: analyse d’un discours réactionnaire (Éditions du remue-ménage, 2015) et de Retour sur un attentat antiféministe: École polytechnique, 6 décembre 1989 (Éditions du remue-ménage, 2010). […]

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Faut-il tuer les «garces blondes et gâtées»? (2 de 4)

Il s’avère qu’Elliot Rodger fréquentait le site du Mouvement des hommes. Il se désignait d’ailleurs comme un «mâle Alpha», une appellation courante dans ces cercles qui font, sur Internet, la promotion d’une masculinité conventionnelle associée à la musculation, au tir, aux jeux vidéo de guerre et à la drague. Dans un livre intitulé La crise de la masculinité, le chercheur Francis Dupui-Déri consacre un chapitre à l’émergence de ces communautés en ligne qui dénoncent ce qu’elles appellent la société Egalistan. […]

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La «crise de la masculinité» n’existe pas (1 de 4)

Le mot «crise» est fréquemment employé par les commentateurs. Mais quelle valeur lui accorder? «Méfiance», suggère Francis Dupuis-Déri: c’est le mot le plus fréquemment employé par les promoteurs du retour-au-bon-vieux-temps. Ils ont tout intérêt à faire croire qu’il y a une crise, pour justifier leurs actions. Et les médias, malheureusement, sont trop heureux de répéter que «les mâles vont mal». […]

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Conversation Guillaume Wagner/Francis Dupuis-Déri

[Francis Dupuis-Déri] «Souvent, dans le discours de la crise de la masculinité, il n’y a qu’une seule solution: que les hommes redeviennent des hommes et que les femmes redeviennent des femmes. Être un homme c’est être autonome, actif, agressif voire même violent, compétitif, et, éventuellement, amoureux des armes à feu. Le problème, c’est qu’une solution comme ça, pour la prévention du suicide, c’est une catastrophe. Ça augmente le facteur d’un risque qu’un homme passe à l’acte et complète un suicide […]»

 

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Quelle crise de la masculinité?

C’est le livre de Francis Dupuis-Déri qui nous l’apprend, en nous offrant une très précieuse mise en perspective historique: la prétendue «crise de la masculinité» est vieille comme le patriarcat, et son expression connaît des périodes de recrudescence à travers les siècles, non pas lorsque les rapports de sexe tendent vers des formes d’égalité (par exemple au Haut Moyen-Âge en Europe) mais lorsqu’au contraire la domination masculine a repris des formes si radicales et si spectaculaires que les protestations des femmes se font plus vives – suscitant, à chaque fois, ce qu’on pourrait appeler une «Réaction masculiniste». Laquelle en général ne se contente pas de s’inquiéter qu’il ne soit plus possible d’être «un homme, un vrai»: c’est une rhétorique qui associe toujours la différenciation des sexes à leur hiérarchisation tacite (le masculin se caractérisant par des propriétés qui le vouent à une suprématie «naturelle») et cette hiérarchisation à la bonne santé de la société. Dès le XVIIIème siècle, le masculinisme est un nationalisme, assignant les femmes aux seules tâches reproductives afin de soutenir une démographie assez tonique pour assurer la suprématie nationale sur les nations rivales. Et si par malheur les nations connaissent des crises économiques ou des défaites militaires, c’est bien sûr à cause des femmes, ou de la «féminisation de la société». […]

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La crise de la masculinité

[…] Lire ou ne pas lire? Lire, même si ce livre est souvent déprimant, comme je l’ai mentionné plus tôt. Ce sujet est trop important pour l’éviter sous prétexte que sa présentation et son analyse sont démoralisantes. Ce livre a le défaut de ses qualités: il est exhaustif, mais, justement, cette exhaustivité amène son lot de répétitions de faits et d’observations semblables. En plus, mettant toujours l’accent sur ce qui ne va pas, ce qui est bien réel, on en vient à ne pas être en mesure d’avoir une vision globale de la situation. Par exemple, quelle est l’ampleur des mouvements qui appuient le discours sur la crise de la masculinité? Oui, ils sont présents depuis longtemps et un peu partout sur notre planète, cela l’auteur le montre très bien, mais ont-ils toujours eu la même ampleur et la même influence? Ont-ils le même poids dans tous les pays? Ce sont les questions que je me suis posées et dont les réponses ne sont pas dans ce livre. Bref, tout ce qui est mentionné dans ce livre existe, et il faut le savoir, mais on n’en apprendra pas l’importance relative (ce qui, j’en conviens, serait tout un défi). Finalement, les 289 notes sont en bas de page, heureusement!

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«Les masculinistes enfument la réflexion sur l’égalité entre les sexes»

Plusieurs études ont révélé que les principaux propagateurs de ce discours sont le plus souvent des hommes ayant un niveau d’éducation plus élevé que la moyenne nationale, et appartenant à la classe moyenne aisée: des avocats, des journalistes, des psychologues, des membres des professions libérales, etc. D’ailleurs, la rhétorique masculiniste s’intéresse peu ou pas du tout aux catégories d’hommes les plus vulnérables ou misérables, par exemple les chômeurs, les prisonniers, les sans domicile fixe, les sans-papiers. Ce discours est aussi porté par des organisations plus ou moins institutionnalisées qui œuvrent pour défendre les intérêts des hommes, en particulier des pères divorcés ou séparés. […]

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