Quelles places pour quels savoirs ? La théorie, un dimanche et Trente

Trois décennies séparent La théorie, un dimanche de Trente de Marie Darsigny (2018), aussi publié chez Remue-ménage, maison qui, on le sait, continue avec acharnement de promouvoir l’écriture féministe. Alors que La théorie, un dimanche se concevait comme de la «fiction-théorie», présentant les textes essayistiques puis fictionnels de chaque écrivaine en deux parties distinctes, Trente, de Marie Darsigny, se donne à lire comme un récit à la voix essayistique forte. Une vision de la littérature où un apprentissage théorique du réel peut se faire dans la fiction, et vice versa, qui se construit dans les deux publications à travers une poétique du chevauchement générique. Dans Trente, on entremêle ainsi la narration au «je» d’allusions à des théories féministes, en plus d’insérer des illustrations, collages numériques réalisés par Darsigny elle-même. Cet héritage esthétique de l’impureté, du collage, m’apparaît comme un fil conducteur entre ces deux titres […]

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« … celle qui répète, jusqu’à plus soif ». La réédition de La théorie, un dimanche

Si je parle d’enthousiasme, c’est que ces essais réunis, ces réflexions complexes ou simples, ces « théories du dimanche », inaccoutumantes et actuelles, ces réflexions d’une génération avant la nôtre, d’un groupe de femmes dont chaque nom nous est aujourd’hui bien familier, c’est que ça me semble nous fournir l’occasion d’un réjouissement — et peut-être pas tant celui du jour du Seigneur que celui du sabbat ! L’occasion d’une réunion. Du livre à ses lectrices et lecteurs. De telles rééditions nous rendent à nous-mêmes une part d’histoire. Ici : une part d’audace dans l’expérimentation langagière qui risquait peut-être de s’oublier. De telles rééditions rééditent la joie et revigorent l’esprit des générations.

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Recension

Cela fait déjà 30 ans que la première édition du classique féministe La théorie, un dimanche parut aux Éditions du remue-ménage. Maintenant offert dans une nouvelle édition et préfacé par Martine Delvaux, ce livre est le résultat d’échanges féministes qui se déroulèrent de 1983 à 1988 entre Louky Bersianik, Nicole Brossard (l’instigatrice du projet), Louise Cotnoir, Louise Dupré, Gail Scott et France Théoret. Pour Nicole Brossard, «[c’]est un recueil dans lequel chacune de nous fait le point sur une problématique qui la touche particulièrement. […] Aussi ce livre est-il tout à la fois tissé de nos singularités et de leurs points de rencontre. C’est un livre où chacune signe un parcours, un questionnement, itinéraire de conscience que nous espérons partager avec vous comme une continuité et un devenir.» (p. 20) Il s’agit de creuser ce qui est incontournable pour le féminisme de l’époque. Pour paraphraser la chroniqueuse féministe Alix Paré-Vallerand à l’émission Les Simones du 5 septembre 2018, c’est un livre théorique assez ardu, mais qui réussit à faire tranquillement son chemin dans nos têtes quand on en fait une lecture attentive et lente. C’est un livre enrichissant, ne serait-ce que pour célébrer les féministes littéraires québécoises qui ont ouvert des voies théoriques encore importantes aujourd’hui. Véritable acte de recherche-création, les essais du livre sont toujours suivis d’extraits inédits de fictions, ce qui est fort apprécié. […]

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La théorie, un échange

Inspirées par la réédition de La théorie, un dimanche, les littéraires Dominique Raymond et Chloé Savoie-Bernard entament une correspondance empreinte des thèmes abordés dans ce classique de 1988.

«Vingt ans plus tard, que reste-t-il de ces années d’investigation formelle, où le pouvoir de la littérature était mis de l’avant? L’héritage littéraire et politique de ces femmes qui continuent aujourd’hui à écrire, à publier, nous paraît labile, difficile à circonscrire, peu pris à bras-le-corps par l’institution littéraire et encore moins par l’univers médiatique. Pourtant, le cœur de la vie féministe du Québec a battu avec une vigueur particulièrement frénétique au travers de ces œuvres aussi complexes que singulières. Les Éditions du remue-ménage procéderont à la fin de l’été à une réédition de La théorie, un dimanche, accompagnée d’une nouvelle préface signée par Martine Delvaux. L’occasion nous semble belle pour réfléchir à l’héritage littéraire et sensible de ces écrivaines.»

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Entretiens avec Louise Dupré

[VOIX ET IMAGES] Pour votre thèse de doctorat, vous avez étudié l’oeuvre de Nicole Brossard, Madeleine Gagnon et France Théoret dans une perspective féministe. Êtes-vous consciente d’inscrire une subjectivité féminine dans votre poésie et vos romans?

[LOUISE DUPRÉ] Je suis convaincue que les chercheurs passionnés s’intéressent à un sujet particulier par nécessité personnelle. Ce que la perspective-femme m’a permis de découvrir, c’est un autre point de vue sur la littérature, une autre réalité du sujet, correspondant à ce que je ressentais depuis longtemps sans pouvoir le nommer: l’impression d’être à côté, de travers, dans la marge. D’être une autre, en somme, de me sentir aliénée… […]

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