Être un bon allié, c’est un processus, pas un état

En quelques mots…

  • Des hommes veulent s’engager pour combattre le sexisme. Pourquoi pas ? À condition qu’ils ne volent ni la place ni la parole des femmes.
  • Témoignages d’hommes qui effectuent un travail réflexif pour questionner et déconstruire leurs masculinité et privilèges.
  • Francis Dupuis-Déri, spécialiste du masculinisme donne quelques conseils aux hommes engagés dans un processus d’alliance avec les féministes.

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L’antiféminisme en 5 questions

Qu’est-ce que l’antiféminisme ?

Sachant que l’antiféminisme est défini comme « le contre-mouvement de pensée et d’action qui s’oppose au féminisme », il est alors nécessaire de se pencher sur la définition du féminisme : une aspiration à un monde plus égalitaire, plus juste. Mais cette définition floue sert les « anti ». Ce sont eux, d’ailleurs, qui, au 19e siècle, ont collé le mot féminisme aux partisan·es de l’égalité des sexes, moquant leur prétention à remettre en question la différence naturelle entre les sexes. Il existait déjà dans le registre médical, pour désigner la féminisation des hommes atteints d’un certain type de tuberculose (et nommait donc… une maladie !). En 1882, la suffragette et écrivaine française Hubertine Auclert se réapproprie le mot, donnant naissance au mouvement, et entraînant celle du contre-mouvement. Ses origines aident à comprendre le flot de préjugés que le mot féminisme trimballe.

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Francis Dupuis-Déri : « Il est sidérant d’entendre dire que les hommes ne peuvent plus draguer »

Des militantes féministes ont manifesté dans plusieurs villes de France (Paris, Rennes, Bordeaux…) contre la projection du film J’accuse de Roman Polanski. Est-ce que cette affaire Polanski, et la façon dont elle est commentée par certains, résonne avec les analyses de votre livre La crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace ?

Francis Dupuis-Déri – Pas directement car cette affaire est vraiment spécifique. Mais il est certain que l’on a entendu à l’occasion de cette crise en France des relents de sous-discours qui relèvent en fait de la crise de la masculinité. Il s’agit de réactions qui ont tenté de délégitimer tout le mouvement Me Too. La conséquence de Me Too serait que les hommes sont victimes. Il est quand même assez paradoxal d’entendre ça, si on s’exprime poliment, face à ces milliers de voix de femmes parfois anonymes qui s’expriment pour dire : « Et bien voilà en fait j’ai été victime quand j’étais enfant, adolescente ou adulte d’hommes qui m’ont agressée ». Dans le cinéma américain et donc aussi désormais dans le cinéma français, pas du tout sous le couvert de l’anonymat cette fois, il y a ces femmes qui disent désormais : « J’ai été agressée ».

Une des réactions des hommes dénoncés mais aussi de leurs alliés – car c’est bien cela aussi qui est impressionnant, le nombre d’alliés qu’ils ont – c’est de manquer totalement d’empathie envers les femmes agressées. C’est un manque d’empathie et d’humanité sidérant que de prendre le parti de l’homme et aussi de prétendre que les hommes sont victimes. Sidérant d’entendre que le désir des hommes est condamné, criminalisé, que les hommes ne peuvent plus rien dire, ne peuvent plus draguer, sont persécutés sans pouvoir se défendre. Et cela, oui, c’est une des multiples déclinaisons du discours de la crise de la masculinité, les hommes souffriraient à cause des femmes et des féministes. Et il serait difficile d’être un homme.

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Masculinisme : l’antiféminisme en embuscade

Il n’y a pas qu’en France que les associations masculinistes font les yeux doux aux décideurs. Prenons le Québec, par exemple. « Depuis 2010, on assiste à une phase d’institutionnalisation de ces mouvements. Le lobbying est devenu une pratique plus importante, notamment chez les groupes de pères », observe Mélissa Blais, chercheuse québécoise spécialiste du masculinisme et coautrice d’Antiféminismes et masculinismes d’hier et d’aujourd’hui. Depuis 2014, l’association Pères séparés est ainsi devenue un partenaire officiel du ministère de la Santé. « De plus en plus, les pouvoirs publics exigent des organisations de femmes qui interviennent auprès des victimes de violences conjugales qu’elles se rapprochent des groupes oeuvrant auprès des hommes violents si elles veulent obtenir des financements », ajoute Mélissa Blais. Ce qui, sur le papier, semble a priori une bonne chose. Le problème, c’est que parmi ces organisations consacrées aux hommes violents, certaines remettent en question (plus ou moins ouvertement) la dimension genrée des violences conjugales, qui toucheraient également hommes et femmes. Comme le réseau À coeur d’homme, qui s’érige contre « la vision stéréotypée de la femme victime et soumise face à l’homme violent et contrôlant » et a lui aussi l’oreille (et le soutien financier) du ministère québécois de la Santé […]

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Antiféminisme: les réactionnaires contre-attaquent!

Suis-je la seule à avoir envie de dévorer tout ce qui est édité chez Remue-ménage? […]

Sans donner de réponses à ces questions, Les Antiféminismes: Analyse d’un discours réactionnaire rassemble des regards lucides sur ceux qui bénéficient de l’inégalité des sexes, qui ont tout intérêt à l’entretenir et qui pour cela n’hésitent pas s’organiser face aux individus et collectifs qui leur tiennent tête. Ça mérite bien un titre en plus sur votre liste de livres à lire!

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Compte-rendu de lecture | Les antiféminismes

C’est à plusieurs voix que l’ouvrage sous la direction de Diane Lamoureux et Francis Dupuis-Déri analyse l’antiféminisme comme «discours réactionnaire» (comme l’indique le sous-titre), qualificatif judicieux dans sa polysémie: réactionnaire au sens de droite religieuse, conservatrice, antichoix, mais aussi réactionnaire parce qu’il s’agit d’une réaction au féminisme, à ses avancées concrètes et à l’inspiration qu’il représente pour comprendre le monde d’aujourd’hui. […]

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Débusquer l’antiféminisme

Francis Dupuis-Déri a participé à une table ronde intitulée «Du boy’s club à l’antiféminisme: nouveaux visages et vieux refrains» à l’occasion du Salon du livre de Montréal en 2015. Animée par Judith Lussier, la discussion réunissait également Mélissa Blais et Martine Delvaux.

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