Mettre la hache suggéré comme incontournable

Dans le cadre de son projet littéraire intitulé IndexE, Sarah Chouinard-Poirier a demandé à 10o femmes de lui nommer un titre de livre qui les a particulièrement marquées et qu’elles voudraient défendre. Mettre la hache: slam western sur l’inceste, de Pattie O’Green, a été suggéré quatre ou cinq fois. «Ça s’explique, vu le sujet, mais c’était inattendu.»

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L’autre chair du monde. Critique de Mettre la hache

Dans un voyage Montréal-Québec, j’avais tourné les pages jusqu’à la fin, incapable d’interrompre cette parole enfin décidée à exister sans être coupée. Inutile de tenter d’éviter les clichés: l’œuvre de Pattie O’Green est de celles qui bouleversent. Écriture performative s’il en est une, sa lecture m’aura non seulement touchée, mais aura contribué à transformer mon regard – ma perception de l’univers social dans lequel j’évolue et duquel cette œuvre est également issue.

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La hache comme incesticide

À la fois cri de la chair, coup de gueule vindicatif et récit de résistance, l’auteure y règle ses comptes avec la convenance, le détachement bouddhiste, le violeur doux ou le poids du nom familial. Et que c’est bon à lire! Comme Ni silence, ni pardon, de Mélusine Vertelune et Jeanne Cordelier (M Éditeur), ce livre de Pattie O’Green alimentera sans aucun doute les mobilisations et les réflexions féministes pour mettre fin aux violences incestueuses et leur supposée inexistence ? pour mémoire, sans comptabiliser les violeurs, un minimum de 5% de la population en France est concernée.

Après avoir refermé Mettre la hache, je n’ai pu m’empêcher d’y revenir pour relire les nombreux passages marquants. En voici un : «La dissociation, c’est la solution de l’imagination pour éviter les duels qu’on ne peut affronter parce que on ne naît pas avec une épée.» Ou encore : «Claudine collectionnait les chocs post-traumatiques parce que le premier n’avait jamais été traité. (…) Parce que les chocs post-traumatiques, ce n’était pas pour les petites filles privilégiées. Il en a fallu des militaires traumatisés pour qu’on commence à s’intéresser aux conséquences que subissent les filles violées.»

C’est donc à lire… mais à regarder aussi! Car le texte est en plus agrémenté de belles illustrations de Delphine Delas.

Un tout créatif, rythmé et, évidemment, …tranchant.

 

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Mettre la hache de Pattie O’Green

Afin de ne pas entrer trop brusquement dans le sujet, j’ai choisi de parler de la forme du livre, d’abord de sa matérialité. Comment aurais-je pu l’éviter? L’objet captive le regard. J’ai demandé à ma classe ce qui les frappait dans cet objet et quelles significations pouvait bien avoir chacun de ses aspects. L’avenue fut particulièrement féconde. Les observations et amorces d’analyse de mes étudiant.e.s étaient riches et judicieuses. Ils avaient beaucoup à dire sur la couleur du livre, les illustrations, la typographie, notamment. Cela nous a mené.e.s tout naturellement vers le rapport au corps qui se joue à travers cette matérialité et à l’affiliation au slam revendiquée dans le sous-titre. Il ne s’agit pas là d’un détail: l’une des idées fondamentales de l’essai est que le corps est porteur de vérité. Le corps doit donc être sollicité dans l’écriture même pour que résonne la vérité située au coeur du livre. […]

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Mettre la hache 1. Un sujet «full hype»

[…] Je lis en ce moment Mettre la hache de Pattie O’Green, ovni littéraire, hapax autobiographique, merveille d’invention scripturale, typographique, et graphique, également puisque le livre est illustré de très beaux dessins de Delphine Delas. L’environnement des deux premières lectures heureuses était particulier puisqu’il s’agissait de lectures de voyage, en Amérique latine. PourMettre la hache, c’est aussi un voyage, vers l’autre Amérique cette fois; l’auteure est Québécoise, je suis allée chercher son livre dans une librairie montréalaise et nous avons aussi passé un joli moment ensemble, son livre, elle et moi.

L’entrée dans un livre est évidemment toujours un moment important de la lecture et Pattie O’Green fait de son incipit une sorte de cyclone textuel dans lequel on reste pris, tourbillonnant dans les mots de l’auteure sans qu’aucune sortie de texte ne soit possible. C’est le premier chapitre, il s’intitule «leur robe de chambre en ratine bleue». Je ne savais pas ce qu’était la ratine et j’ai cherché, c’est un tissu de laine, un peu bouclé, comme du tissu éponge mais en laine. Ce premier chapitre joue sur plusieurs plans d’énonciation et le résultat produit est celui, sur moi en tout cas, d’une sorte d’attention sidérée, d’intérêt choqué. […]

Et puis il y a, surtout, le troisième point de vue, le poing de vue en quelque sorte, les lignes en intertitre. Et le sous-titre du livre, «Slam western sur l’inceste», prend tout son sens car l’écriture se fait performance, le tournoi poétique se réalisant si l’on peut dire entre les différentes énonciations. Dans ces brèves lignes que leurs capitales grasses rendent saillantes aux yeux des lecteur.trice.s, se dit le récit du viol en première personne, en une seule phrase, segmentée en groupes brefs, sans ponctuation. En suivant ce fil narratif-là, on comprendra, touche par touche, invention graphique par invention graphique, page après page, que ces filles en rose qui aiment l’inceste, c’est le fantasme du père, c’est la fiction du père, c’est la réalité du père. La perversion, très exactement la perversion. Un sujet full hype.

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Les libraires craquent!

En plus d’être libraire, je suis aussi serveuse dans un café. Une des clientes que j’apprécie m’a conseillé ce livre dont elle m’a assuré le genre indescriptible. Fait avéré : c’est un livre coup-de-poing qui ébranle. On y traite d’inceste de manière singulière. On essaie de comprendre les attaques extérieures, c’est-à-dire le jugement que la société porte sur les gens qui en sont victimes. Ce fut une lecture poignante qui a amené son lot de nouvelles questions. Que se passe-t-il après? Oublie-t-on ces personnes? Ça m’a perturbée. Avec Mettre la hache, on essaie de voir au-delà des simples apparences. C’est une prise de mesures pour combattre la marginalisation des victimes, tout comme une belle façon de se défouler.

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L’écriture comme une hache

[…] Mettre la hache, le slam western de Pattie O’Green, recycle les traits de quelques genres intimes et oscille entre autobiographie, essai et pamphlet. On pourrait sans équivoque parler d’une écriture marquée par l’oralité qui joue sur l’incertitude générique en plaçant le corps au cœur de cette ballade guerrière. Le souffle du texte prend la forme d’une scansion effrénée qui traduit les soubresauts d’une pensée en accord avec la reconstruction d’une identité: «Pis on va comprendre que le petit rehaussement de la BEAUTÉ DE L’HUMANITÉ ne se fera pas avec un BISTOURI, mais avec la HACHE, chers amis.» Ce geste performatif nous interpelle, nous confronte à cette réalité du trauma et aux séquelles qu’il a engendrées. La colère résonne, s’entend. Il faut dire que les dispositifs typographiques et les dessins de Delphine Delas contribuent à hausser le ton du texte, à le slamer davantage. Les cicatrices laissées par l’inceste sont visibles, elles s’incarnent sous nos yeux: images de cœurs sanguinolents, de Buddha pas très zen, de fillette-Ophélie sur le point de sombrer dans les eaux noires, du pistolet de la convenance placé sur la tempe. Le livre reproduit sur papier la pratique de blogueuse de O’Green qui, dans cet autre lieu d’expression, aborde la réalité de tous les types d’agression sexuelle.

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