De l’establishment intellectuel à la bande à Baader: le destin tragique d’Ulrike Meinhof

[…] L’ouvrage rassemble les articles de cette figure de l’extrême gauche allemande, publiées dans Konkret entre 1960 et 1968, et traduits pour la première fois en français. Ils sont introduits par Karin Bauer – professeure en études allemandes à l’Université McGill et première instigatrice de cette anthologie (initialement publiée aux Etats-Unis en 2008) – et sont suivis d’une postface très critique de Bettina Röhl, fille de Ulrike Meinhof.

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Tout le monde parle de la pluie et du beau temps, pas nous

[…] Nous n’affirmerions pas que c’est par manque d’audience et donc par aigreur qu’Ulrike Meinhof a troqué sa plume contre un pistolet. Mais nous pouvons inciter à se replonger, notamment pour saisir un peu de ce qui a motivé une partie de la jeunesse allemande des années 60 à contester plus radicalement le monde que leur avait offert l’après-guerre, dans la prose pré-70 de Meinhof. C’est justement la possibilité que nous offrent les éditions du Remue-Ménage qui publient une sélection de ses contributions à Konkret. […]

La préface de l’ouvrage, rédigée par Elfriede Jelinek, est disponible à la fin de l’article.

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La Fraction Armée rouge et Ulrike Meinhof

[…] C’est ce que des militantes féministes françaises, dans un livre consacré au travail d’Ulrike Meinhof, souligneront avec véhémence:

«De quel droit les grandes maisons d’édition de femmes passent-elles sous silence les femmes les plus importantes de notre lutte? Quelles femmes en mouvement s’imaginent encore n’avoir rien de commun avec Gudrun Ensslin, Ulrike Meinhof, Irmgard Möller, Susann Albrecht, etc.? Laquelle d’entre nous peut se retrancher derrière l’idée que ce serait là un excès […] que ça n’aurait rien à voir avec la lutte des femmes? Quand les femmes en mouvement comprendront-elles que la lutte pour la libération des femmes ne doit pas être coupée de la lutte contre toute oppression sociale? […] Nous devons enfin choisir: nous ne pouvons plus ignorer les actes politiques de nos sœurs. La question de la violence reste à discuter entre nous, même au risque de six mois de prison ferme. Nos sœurs ne sont pas mortes, elles sont vivantes, et doivent le rester en nous et par nous.»

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Recension: «Tout le monde parle de la pluie et du beau temps. Pas nous» de Ulrike Meinhof (Anthologie présentée par Karin Bauer)

Décidément, l’objectif de l’auteure et des traductrices de «faire connaître au public les positions d’une femme forte, indépendante, combative et intransigeante» est atteint. Trop peu connue hors d’Allemagne, Ulrike Meinhof laissa derrière elle une quantité considérable d’écrits qui incarnent autant la trace de sa propre existence en tant que femme et intellectuelle qu’un témoignage inestimable de ce qu’était l’Allemagne d’après-guerre et plus particulièrement celle des années 1960 et 1970, période caractérisée par la Guerre froide et de nombreuses tensions sociopolitiques. […]

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Des dérives scrutées à la loupe

En quête d’inspiration subversive? C’est sans doute dans les textes choisis de la terroriste Ulrike Meinhof, au sein de la bande à Baader dans les années 1960, que le lecteur pourrait la trouver. L’objet sulfureux s’intitule Tout le monde parle de la pluie et du beau temps. Pas nous (Éditions du Remue-ménage, le 13 novembre).

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