Les libraires craquent

[…] Pour Marie Darsigny, les remises en question passent par l’écriture, grâce à laquelle sa douleur, ainsi exposée à tous, pourra trouver une résonance. Par ses multiples références à plusieurs penseuses et écrivaines, Trente donne envie d’aller plus loin dans la réflexion. À la lire, on se sent moins seule.

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En librairie

Dans une langue près de l’oralité, la Montréalaise Marie Darsigny, adepte de Sylvia Plath, de Nelly Arcan et de bien d’autres écrivaines au bonheur difficile, signe un court récit racontant la dernière année de sa vingtaine alors qu’elle était convaincue qu’elle ne se rendrait jamais à 30 ans. Ce flot de réflexions, plus lumineux que dramatique malgré le propos, est mené avec un souffle littéraire qui ne ressemble à nul autre.

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Dépendance de la groupie

[…] «Je ne fais que répéter ce qui a déjà été dit, mieux dit, par celles qui m’ont précédée, on ne réinvente rien, la roue continue de tourner, mais moi j’aime bien me mettre le doigt dedans, la main au complet dans l’engrenage, plonger dans le bobo jusqu’au coude», écrit-elle, dans cette logorrhée parfois très drôle de Marie Darsigny, qui flirte avec une parodie d’autofiction souffreteuse, tout en étant un hommage très tonifiant aux bad girls de la littérature – et c’est tant mieux, puisque les vieux profs de désespoir ont depuis longtemps leurs fan-clubs. Tapissé de références à la culture pop, agrémenté de quelques collages, Trente est aussi un éloge de l’anti-bonheur et de la rébellion, pour toutes celles qui dansent, le mascara coulant, sur Only Happy When it Rains de Garbage.

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Le début de la fin?

[…] L’écriture de Marie Darsigny rappelle sans équivoque l’angoisse de Nelly Arcan. Le croisement de l’anglais et du français, en plus de l’ajout de caractères en gras, nous dévoile la voix unique de l’auteure qui réussit à nous toucher avec un langage poignant et révélateur. Trente est ainsi une œuvre nécessaire qui confronte la société à ses propres valeurs et qui, je l’espère, permettra de la voir basculer du bon côté.

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Le roman Trente de Marie Darsigny: À l’approche du jour J

Marie Darsigny, tout comme son personnage homonyme, est d’une redoutable lucidité. Bien qu’elle étale sa souffrance sur quelque 150 pages, elle est pleinement consciente que son mal de vivre n’a rien d’exceptionnel, même que d’autres avant elle l’ont mieux dépeint, écrit-elle : «Je ne peux pas supporter l’idée que dans mes œuvres je ne fais que répéter ce qui a déjà été dit, mieux dit, par celles qui m’ont précédée, on ne réinvente rien, la roue continue de tourner, mais moi j’aime bien me mettre le doigt dedans.» […]

Ça prend une bonne dose de courage pour aborder ce sujet tabou de plein front comme elle le fait, lui fait-on remarquer. «C’est courageux, mais en même temps, si tout le monde le faisait, ça ne serait plus courageux, ce serait juste normal», rétorque-t-elle.

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Changements de registres

Marie Darsigny avance sans peur dans cet ouvrage qui dénonce au passage le sort qu’on réserve à ses semblables qui osent se raconter en public. Trente est un livre brutal, à la frontière du journal intime et de l’essai, une œuvre inclassable puisée à même ses colères, ses souffrances, ses déceptions, ses dépendances. C’est une autopsie de sa psyché livrée pour nous, la retranscription de ses pensées intrusives, un dialogue intérieur impudique, chaotique et généreux. L’encre des pages porte l’empreinte de ses larmes. […]

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