
théorie, un dimanche, La
Nouvelle édition [éd. originale 1988]
une rumeur de fin, prématurée, violente, comme dans un mauvais film, et les yeux de ma fille collés à la télévision, une rumeur de mort, je la vois, réellement, et les yeux de ma mère qui s’achèvent sur le drame. je griffonne malgré tout ma passion, cela fait sens, cette douloureuse évidence, cela tient d’une éthique peut-être, quelque chose comme ne pas accepter d’aller à la perte.
Si La peau familière aborde la vie de tous les jours – et souvent ses horreurs –, de la guerre au quotidien de la ménagère, Chambres se consacre à ce lieu du féminin par excellence, non sans rappeler la « chambre à soi », qui est aussi un lieu d’enfermement. Dans Bonheur, plus rien n’échappe au souvenir. Ces trois premiers recueils de Louise Dupré sont constitués de suites poétiques en prose, composés d’une trame narrative, de fragments de mêmes scènes, telle une série de photographies. Les mots s’y font dialogue intime, flux de conscience. La poésie sensorielle trace le parcours de voix, de bruits, de lieux, de vies. En ressortent les thématiques de l’ensemble de l’oeuvre de Dupré : le corps, les injustices, l’absence, la mort. Et, bien sûr, les femmes.
Louise Dupré est une grande poète, romancière et dramaturge québécoise, une voix incontournable de la littérature féministe. Ses premiers recueils de poésie en prose, publiés au Remue-ménage dans les années 1980 et pour la plupart épuisés, sont ici réunis en un seul volume.