Francis Dupuis-Déri à propos du Procès des viols de Mazan
C’est une affaire sordide qui résonne au quatre coins de la planète. Malgré l’horreur et les preuves accablantes, il en reste tout de même qui se buttent au sempiternel mantra « pas tous les hommes ». D’accord, peut-être, mais surtout les hommes et n’importe quel homme.
C’est ce que décortique Francis Dupuis-Déri dans son plus récent ouvrage Les hommes et le féminisme et dont il expose les principales thèses dans cet entretien publié dans Le Temps.
« Je ne dis pas que les « nouveaux hommes » est un faux concept, mais plutôt que les médias s’y intéressent de manière cyclique, reproduisant ainsi l’apparence de « nouveauté ». Tous les cinq ans, les médias s’extasient devant Paul qui s’occupe de son bambin, pendant que sa conjointe Louise est au bureau. Que c’est émouvant! Or au XIXe siècle, déjà, les médias qualifiaient de « nouveaux hommes » ceux qui effectuaient des tâches domestiques et appuyaient le mouvement des femmes. Voilà donc 150 ans qu’il y a de « nouveaux » hommes… S’il y en avait autant qu’on le prétend depuis si longtemps, il n’y aurait plus de problèmes. »