Ligue du LOL: «Toute personne qui n’est pas forte, hétéro et riche peut être harcelée par un boys’ club»

Selon Martine Delvaux, professeure de littérature à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et autrice de «Les Filles en série» (février 2019, Éditions du remue-ménage), son dernier ouvrage, la Ligue du LOL est une incarnation des «boys’ club» anglais du XIXe siècle. Des groupes essentiellement masculins et hétérosexuels, qui favorisaient la cooptation et la culture de l’entre-soi. Des «clubs» que l’on trouve bien au-delà des médias. Interview. […]

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«Nous vivons dans un immense boys’ club, il est si important qu’on ne le voit même plus»

Pour tous les autres qui n’ont jamais été punis, ce sentiment d’impunité se développe au fil des années et entraîne parfois des conséquences plus graves. «La création des boys’ clubs est étroitement liée à la construction de la masculinité», explique Martine Delvaux, écrivaine, professeure au département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal et autrice de Les filles en série. […]

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«La Ligue du LOL met en lumière un sexisme systémique»

Pour Martine Delvaux, professeur de littérature à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et auteure de Les Filles en série (février 2019, Éditions du remue-ménage), la Ligue du LOL est directement issue de la tradition des « boys clubs » anglais du XIXe siècle, des groupes essentiellement masculins qui favorisaient la cooptation et la culture de l’entre-soi. L’universitaire québécoise Martine Delvaux explique que la Ligue du LOL partage les mêmes codes que les «boys clubs ». […]

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Affaire de la « Ligue du LOL »: réaction de Martine Delvaux et Josyane Savigneau

[Martine Delvaux] On peut dire qu’on vit dans un boys’ club permanent. Ici, chez vous, on vit dans des mondes qui sont menés par des groupes d’hommes, qui sont installés à la tête du pouvoir dans les grandes entreprises, dans les parlements, dans les grandes écoles… la Ligue du LOL nous montre ça. C’est un révélateur.

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Une autre fois : Les filles en série

Martine Delvaux nous invite à déconstruire l’image de ces filles en série identiques et idéalisées qui ne font que perpétuer un modèle unique et galvaudé reproduisant ad nauseam le culte de la minceur et de la jeunesse, et critique aussi au passage celui de la blancheur qui s’incarne comme le paradigme dominant. À lui seul, ce segment mérite la (re)lecture du livre. Delvaux ébouriffe les idées reçues et pour ça, toutes les rééditions sont permises.

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Les filles en série: femmes blanches, encore un effort

Les filles en série, publié en 2013, a certainement été l’un des livres féministes les plus importants publiés au Québec dans la dernière décennie. Or, il s’en est passé des choses depuis 2013: l’élection de Trump, le tsunami #metoo et le mouvement #blacklivesmatter ont marqué les récentes années. […] Bref, pour celles qui ont aimé ce livre, il fallait certainement des ajouts (et il en faudra peut-être encore dans quelques années), et Martine Delvaux a choisi son camp, qui est de sortir du rang du féminisme blanc, au risque de perdre des fans qui réfutent cette vision. Ce qui est tout à son honneur.

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Martine Delvaux | Invitée d’honneur au Salon du livre de Montréal 2018

Quelle reconnaissance! Martine Delvaux est invitée d’honneur au Salon du livre de Montréal 2018.

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Martine Delvaux est née en 1968 à Québec. Figure importante du féminisme contemporain, elle a notamment publié Le monde est à toi, Blanc dehors (finaliste au Prix des libraires et au Prix du Gouverneur général) et Rose amer chez Héliotrope, ainsi que Les filles en série. Des Barbies aux Pussy Riot (Remue-ménage). Martine enseigne depuis toujours la littérature et est régulièrement invitée à commenter l’actualité dans les médias. La finesse de son propos, de même que les qualités littéraires de son écriture fragmentaire, nuancée, qui autopsie le réel, en font une auteure appréciée des lecteurs, des libraires, mais aussi des journalistes. Son dernier roman, Thelma, Louise & moi (Héliotrope), promet d’entrer lui aussi, après son essai Le monde est à toi, en résonance avec les bouleversements et les réflexions sociétales qu’a provoqué le mouvement #moiaussi.

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