Il n’y a pas qu’en France que les associations masculinistes font les yeux doux aux décideurs. Prenons le Québec, par exemple. « Depuis 2010, on assiste à une phase d’institutionnalisation de ces mouvements. Le lobbying est devenu une pratique plus importante, notamment chez les groupes de pères », observe Mélissa Blais, chercheuse québécoise spécialiste du masculinisme et coautrice d’Antiféminismes et masculinismes d’hier et d’aujourd’hui. Depuis 2014, l’association Pères séparés est ainsi devenue un partenaire officiel du ministère de la Santé. « De plus en plus, les pouvoirs publics exigent des organisations de femmes qui interviennent auprès des victimes de violences conjugales qu’elles se rapprochent des groupes oeuvrant auprès des hommes violents si elles veulent obtenir des financements », ajoute Mélissa Blais. Ce qui, sur le papier, semble a priori une bonne chose. Le problème, c’est que parmi ces organisations consacrées aux hommes violents, certaines remettent en question (plus ou moins ouvertement) la dimension genrée des violences conjugales, qui toucheraient également hommes et femmes. Comme le réseau À coeur d’homme, qui s’érige contre « la vision stéréotypée de la femme victime et soumise face à l’homme violent et contrôlant » et a lui aussi l’oreille (et le soutien financier) du ministère québécois de la Santé […]
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livre: Les antiféminismes
Antiféminisme: les réactionnaires contre-attaquent!
Suis-je la seule à avoir envie de dévorer tout ce qui est édité chez Remue-ménage? […]
Sans donner de réponses à ces questions, Les Antiféminismes: Analyse d’un discours réactionnaire rassemble des regards lucides sur ceux qui bénéficient de l’inégalité des sexes, qui ont tout intérêt à l’entretenir et qui pour cela n’hésitent pas s’organiser face aux individus et collectifs qui leur tiennent tête. Ça mérite bien un titre en plus sur votre liste de livres à lire!
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Compte-rendu de lecture | Les antiféminismes
C’est à plusieurs voix que l’ouvrage sous la direction de Diane Lamoureux et Francis Dupuis-Déri analyse l’antiféminisme comme «discours réactionnaire» (comme l’indique le sous-titre), qualificatif judicieux dans sa polysémie: réactionnaire au sens de droite religieuse, conservatrice, antichoix, mais aussi réactionnaire parce qu’il s’agit d’une réaction au féminisme, à ses avancées concrètes et à l’inspiration qu’il représente pour comprendre le monde d’aujourd’hui. […]
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Plus…Débusquer l’antiféminisme
Francis Dupuis-Déri a participé à une table ronde intitulée «Du boy’s club à l’antiféminisme: nouveaux visages et vieux refrains» à l’occasion du Salon du livre de Montréal en 2015. Animée par Judith Lussier, la discussion réunissait également Mélissa Blais et Martine Delvaux.
Plus…Observatoire de l’antiféminisme
Les Antiféminismes offre un foisonnement de réflexions sur les stratégies opposées aux analyses et aux revendications des femmes.
Plus…L’antiféminisme démystifié
Diane Lamoureux et Francis Dupuis-Déri ont la verve vive. Lors d’une rencontre dans le cadre de la publication de l’essai politique qu’ils ont co-dirigé, Les Antiféministes; analyse d’un discours réactionnaire, le duo s’est totalement impliqué dans la discussion pour bien faire comprendre la polyvalence et la présence de cette pensée à contre-courant.
Bien comprendre l’antiféminisme, c’est également connaître ses adversaires et savoir ce qu’ils disent. La sociologue et professeure à l’Université Laval, Diane Lamoureux, précise que bien anticiper les coups et les prévenir est toujours très pertinent. «Il est crucial de montrer que la considération inéquitable de la femme par rapport à l’homme n’est pas visible seulement dans les politiques de l’ancien gouvernement Harper ou d’autres politiques de droites, mais parfois dans des choses plus subtiles», explique-t-elle. La démarche de documentation du sujet est également le produit «d’une demande du milieu des femmes car elles considèrent que c’est un problème», ajoute le professeur de science politique à l’UQAM, Francis Dupuis-Déri. Le duo est unanime: l’antiféminisme est un discours à combattre.
Plus…Vitrine du livre: Les antiféminismes. Analyse d’un discours réactionnaire
Le féminisme dérange et, par conséquent, suscite des réactions parfois courroucées. On l’accuse de menacer l’ordre divin ou naturel, de fragiliser la masculinité, mais aussi, paradoxalement, d’être inefficace et de nuire aux femmes. «L’antiféminisme, écrivent Lamoureux et Dupuis-Déri, relève d’une logique plus précise que la misogynie, puisqu’il ne vise pas toutes les femmes, mais particulièrement celles qui espèrent l’émancipation.»
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